IVG : un droit en danger !
Que va devenir le service Orthogénie (chargé des Interruptions Volontaires de Grossesse) de l’hôpital de St Germain ? C’est pour couper court aux rumeurs de fermeture pure et simple qu’une réunion d’information a été organisée à Poissy mardi 9 mars sur l’initiative de Nicole Frydman, conseillère municipale PG de St Germain en Laye et membre du conseil d’administration de l’hôpital. M. Chodorge, directeur de l’hôpital, a expliqué le projet de réorganisation à venir.
Situation actuelle
Actuellement, l’ensemble des activités de ce service se déroule sur le pôle de St Germain. L’unité Orthogénie était, jusqu'à présent, composée de 2 médecins à temps partiel, une sage-femme, une aide-soignante, une ASH (Agent des Services Hospitaliers), une secrétaire médicale et 4 demi-journées de conseil conjugal. En 2009, ce service a réalisé 1413 IVG (913 IVG médicamenteuses et 500 par aspiration chirurgicale dont 6 sous anesthésie générale). Ce chiffre représente la moitié des IVG du département des Yvelines. Il s’explique par le profond attachement de personnel de l’unité au respect des droits des patientes : acceptation des mineures sans accord parental, IVG jusqu’à 14 semaines après l’absence des règles). Les autres hôpitaux et cliniques du département sont moins scrupuleux à respecter la loi et n’hésitent pas à refuser les demandes dépassant les 10 semaines. L’hôpital de St Germain récupère donc la plupart des IVG tardives et les demandes des mineures.
La réorganisation prévue
A partir du 2 avril prochain, l’unité sera éclatée sur 2 sites : la prise de rendez-vous pour les consultations médicales, d’anesthésie et les IVG médicamenteuses se dérouleront toujours sur le pôle de St Germain. Les IVG chirurgicales se dérouleront en revanche au pôle de Poissy. Cela peut poser des problèmes pratiques d'aller-retour des médecins et des patientes d'un hôpital vers l'autre.
Le 8 mars, le Dr Eliane Missey-Kolb a démissionné de ses fonctions pour protester contre cette réorganisation. Dans son courrier adressé à la ministre de la santé Mme Bachelot, Mme Missey-Kolb dénonce les conditions plus difficiles d’exercice du fait de l’attribution d’un échographe à un autre service et de la suppression fin octobre 2009 d’un poste d’infirmière. Selon elle, le service n’a plus les moyens humains de poursuivre correctement sa tâche. Désormais, le Dr Annie Brûlé assurera toutes les consultations et les aspirations sous anesthésie locale sur le pôle de St Germain. Les aspirations sous anesthésie générales seront effectuées par l'équipe gynécologie de Poissy. Le Dr Brûlé demande urgemment la formation d’internes à la pratique des IVG. La prise en charge des patientes en amont et en aval deviennent plus compliquée. Cette réorganisation doit être transitoire, dans l’attente d’un pôle unique à l’hôpital de Chambourcy d’ici 5 ans.
Si le souci de différencier le parcours d’une patiente allant subir une IVG d’une patiente allant accoucher est conservé par respect de la confidentialité des patientes, cet éclatement sur deux pôles soulève d’autres problèmes : le travail devient plus lourd pour le médecin qui pratique les actes chirurgicaux. Il en est de même pour le suivi post-opératoire. Le personnel composant l’unité fait remarquer le manque de démocratie au niveau du pôle. Ainsi, les demandes de réunion de pôle sur l’initiative du personnel du service restent sans réponse de la part du médecin chef de pôle.
Même si le directeur assure que l’accès aux IVG médicamenteuses et chirurgicales perdurera, on ne peut s’empêcher de lier la situation de ce service à Poissy – St Germain de celles des autres services IVG en France. Les fermetures augmentent, le budget des plannings familiaux est réduit de moitié et l’association anti-avortement « «SOS tout-petits » prend du poids. Tout ceci contribue à fragiliser le droit à l’avortement durement acquis.
Un réseau de vigilance est constitué à l’issue de cette réunion. Il se réunira à nouveau vers le 15 avril pour évaluer les premières conséquences de la réorganisation du service.
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